Avant sa naissance, l’enfant distingue la voix de sa mère de celle des autres personnes. Le fœtus réagit en fonction de l’intonation de la voix. Il est sensible à la musicalité des phrases. Mon expérience d’éducatrice de jeunes enfants m’a montrée à de très nombreuses reprises l’intérêt que pouvait porter un nourrisson à une histoire ou une petite chanson. Si au tout début de ma vie professionnelle, je lisais davantage des histoires aux plus grands qu’aux bébés, j’ai très vite ressenti l’intérêt des plus petits. Lire une histoire à un nourrisson a du sens, et c’est une expérience extraordinaire que de le bercer avec des mots.
La sécurité affective dont a besoin chaque bébé pour grandir, passe bien sûr par l’amour que les parents vont lui porter, par l’affection et l’attention portée par son entourage mais aussi par les mots. Dans les bras de l’adulte ou porté en écharpe, le nourrisson se sent enveloppé et en confiance, il est alors calme, apaisé et peut être attentif à ce qui l’entoure. La sécurité physique engendre la sécurité psychique, celle-là même qui va lui permettre de penser.
Si aujourd’hui plus personne, ou presque, nie la nécessité de parler à un bébé, il n’en reste pas moins que cela peut-être un exercice qui met mal à l’aise. Lui lire une histoire est encore plus difficile. Quel livre prendre, comment s’installer, que faire s’il ne regarde pas le livre, que va-t-il comprendre etc. En réalité, toutes ces questions que peuvent se poser les adultes, ne font pas sens pour le bébé. Lui lire une histoire c’est avant tout l’envelopper de mots, le porter avec des mots. C’est un moment d’échanges et d’expressions des émotions.
Laure CUVIER

Laisser un commentaire